Trail Running & Co...

Le blog de Christophe Malardé

11 juin 2006

Guerlédan 2006

gour24ème manche du challenge Salomon, et seconde manche pour ma part. Ma victoire à la vallée de la Chevreuse m'a motivé durant toute ma prépa, mais à quelques heures du départ elle est plus un fardeau qu'autre chose. C'est plus dur de s'imposer dans la durée et la régularité que faire une perf de temps en temps. C'est pour celà que le challenge est aussi difficile. Pour gagner il faut non seulement s'imposer sur plusieurs types de terrain mais faire preuve aussi d'une grosse régularité sur la saison. Une défaillance sur une manche, et c'est le classement qui s'envole. Il faut sortir aussi la calculatrice de temps en temps...Si je veux rester dans le groupe de tête du général, il faut quasiment faire un podium. Thomas Lorblanchet a gagné la semaine dernière au Signes Trail, et Aurélien Brun termine second comme au Ventoux.

Le plateau est particulièrement relevé cette année à Bon Repos. Thomas Vericel, Serge Barthès, Grégory Vollet et tous les Gwen ha Du...L'an passé, j'avais terminé 4ème, après une défaillance monumentale dans les 10 derniers kilos. (+ de  15 mn de perdu sur le vainqueur). Cette année, si je perd autant, je vais me retrouver loin à dache. Le mot d'ordre est donc prudence...et footing (rapide quand même...) jusqu'au barrage.

La première boucle dans les single-tracks, se fait à une bonne allure. Je me force à rester en retrait en ne pensant qu'à ma stratégie "cool jusqu'au barrage...cool jusqu'au barrage". De retour sur la voie ferrée, je suis à 3 minutes de la tête de course et vers la 10 ème place avec Patrick Lothodé et Philippe Kerbaol. Je décide d'être actif sur les parties roulantes et en gestion sur les parties plus techniques pour me ménager musculairement. Cette méthode semble efficace puisque petit à petit, je rattrape quelques éclaireurs... Au premier ravito, un verre d'eau et je repars. L'an passé je ne m'étais pas ravitaillé à ce point...même statégie! Grâce à ce passage éclair je lâche définitivement Johan Sérazin, Patrick, Philippe et Thomas Véricel. Je suis 5ème de la course, mais à part Gilles Diehl que j'ai vu partir dans la première boucle, je ne sais pas qui est en tête. Je double Olivier Le Guern, puis je rejoins Gilles Diehl avant la base nautique. On est à 1 minute de la tête de course. Etre avec Gilles, c'est la meilleure chose qui soit. Je vais pouvoir bénéficier de sa gestion de course et marquer mon favori pour la gagne. Le tour de l'étang jusqu'au second ravito est interminable. Je suis à sec depuis un bon moment et si je ne veux pas entamer mes forces, il me faut compter sur la tournée de Gilles. Si à ce moment de la course, Gilles ne me file pas 3 ou 4 fois son bidon, je ne finis pas la course. Depuis un bon moment, on tient Serge Barthès et Grégory Vollet à une portée de fusils. Naturellement et sans forcer, on revient sur eux. A la jonction, sur les passerelles, on décide d'éléver franchement l'allure pour faire une sélection. Serge explose directement mais à ma grande surprise Greg semble s'accrocher assez facilement.

gour1On arrive au ravito du barrage, à trois. Le temps de refaire le plein (enfin!), et on repart pour une seconde course. Pour moi, c'est le début de la course...J'ai géré jusqu'à là, je vais pouvoir faire la différence. Seulement entre vouloir et pouvoir il y a souvent une gross diff ! Au bout de 5 minutes, je me fais lâcher par Gilles. J'essai d'accélérer et là, Greg me demande de lui laisser le passage. Gros moments de solitude...tout s'écroule! Dans des moments comme celà, si tu sers pas les fesses, t'es mort. Il faut trouver un prétexte pour t'accrocher. Je le trouve rapidement. L'an dernier j'avais lâché tout le monde à cet endroit avant d'exploser. La course n'est pas fini, ils peuvent aussi craquer...Gilles est parti, mais j'arrive à limiter la casse avec Greg. Je le repasse à la anse de Sordan. Je suis mort, les crampes commencent à apparaitre, mais je n'ai qu'un objectif "toujours courir" même à 5km/h...Je crois que c'est la meilleure façon de rester dans le coup quand tu es mort. Si tu marches, tu décompresses tellement que c'est impossible  repartir. Je lâche Greg mais je ne vois plus Gilles. Second de la course, celà me va bien. Je cours pour ne pas me faire rattraper. L'an passé je marchais au même endroit...y'a du progrès. Arrivé aux forges des Salles, j'aperçois Gilles à 100m. Inespéré...

A ce moment, ma fatigue disparait un temps. Je rattrape rapidement Gilles qui lui accuse le coup. Il n'y a plus de dangers pouvant venir de l'arrière, il ne reste plus qu'à terminer. La dernière partie entre les Forges et l'abbaye est pénible, mais il s'agit d'une formalité. Sur la butte, on entend la sono...On arrive enfin. La question de la victoire ne se pose pas. Je n'aurai pas la force, ni l'envie de disputer la gagne face à Gilles.Lui non plus...Finir ensemble est la meilleure chose.

Compte Rendu course

Photo de Guerlédan ici et

Posté par fartleck à 10:36 - Trail - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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